C’était la dernière séance

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Le cinéma de Parly 2 a fermé ce mardi 24 juin. La plupart d’entre vous ne le savent sans doute pas, tant la discrétion sur ce sujet est de mise. Si cette fermeture n’est malheureusement pas une grande surprise pour les personnes relativement bien renseignées, la précipitation et le silence autour de cette affaire sont inattendus.

Ce cinéma de cinq salles était, lors de son inauguration en 1969, un des plus grands complexes cinématographiques de France. Le problème, c’est qu’en 45 ans, il n’a pas évolué, hormis la rénovation de trois salles en 2004. Il présentait des problèmes d’accessibilité, les deux salles non rénovées étaient particulièrement vétustes (un regard aux murs de la salle 5 en début, ou en fin de séance était révélateur de l’état de délabrement), et surtout la fréquentation était en forte baisse, alors que les loyers montaient en flèche.

Le contrat dont disposait Monsieur Edeline, également propriétaire des deux cinémas de Versailles, courait jusqu’en 2015, il était donc attendu que le cinéma reste ouvert au moins un an de plus. Il semblait néanmoins acté qu’Unibail, société gestionnaire du centre commercial souhaitait se séparer de Jean-François Edeline ; le journal Toutes Les Nouvelles de Versailles y avait d’ailleurs consacré un article à l’automne dernier. Depuis plus de dix ans, la réfection totale du cinéma est régulièrement évoquée, afin de créer un complexe UGC, Pathé ou Gaumont de 8 à 10 salles. L’espace pour un agrandissement existe, certains Chesnaysiens se souviennent de la boite de nuit qui se trouvait à cet endroit et qui constitue aujourd’hui des locaux vacants.

Mais tout cela n’était qu’un projet. Aujourd’hui, nous n’avons plus de cinéma dans notre ville et nous ne savons pas ce que nous aurons à la place. Les loyers de Parly 2 ne cessent de grimper, seules des boutiques toujours plus haut de gamme peuvent encore s’y installer, et la culture est ainsi sacrifiée face aux profits. Ce cinéma de quartier était particulièrement fréquenté par les familles chesnaysiennes, grâce à une large diffusion des films pour les jeunes, et une récente mesure permettant aux moins de 14 ans de bénéficier d’un tarif de 4 €.

Si cette affaire relève, certes, du domaine privé, on peut s’interroger sur l’inaction du maire.
A Versailles, François de Mazières se bat depuis des années pour sauver les cinémas de centre-ville : il a abandonné le projet de multiplexe lors de sa prise de fonction de maire en 2008, et pèse actuellement de tout son poids pour empêcher le quadruplement de la capacité de l’UGC de
Vélizy 2. Philippe Brillault semble lui se contenter du fait que les Chesnaysiens aillent à Versailles, voire à Saint-Quentin-en-Yvelines, et que notre ville devienne une cité dortoir.

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