Cinéma du Chesnay: retour vers le futur

Le cinéma de Parly 2 a fermé brutalement en juin 2014. Il était certes en sursis depuis quelques temps, mais la rapidité de la fermeture a pris tous les Chesnaysiens de court.

En conseil municipal de juillet 2014, en réponse à une question de notre groupe, Philippe Brillault, qui avait été totalement inactif jusque-là sur ce dossier, promet une réouverture après travaux d’extension pour 2016 ou 2017, certaines salles existantes étant utilisées entre temps pour ne pas laisser la ville deux à trois ans sans cinéma.

Dès la rentrée 2014, il apparait que le cinéma serait totalement fermé jusqu’à 2017 ; encore une promesse sans lendemain.

Un projet a émergé début 2015 : un cinéma de 12 salles (contre 5 précédemment) géré par le groupe UGC.

Dans le même temps, un projet de rénovation du Cyrano et de construction d’un nouveau cinéma de 9 salles avenue de l’Europe à Versailles a avancé à grands pas. On sait que François de Mazières a toujours voulu protéger ses cinémas de centre-ville (abandon du projet de multiplexe à la gare des Chantiers et opposition à l’extension de l’UGC de Vélizy).

Le projet de rénovation et d’extension proposé par UGC, Parly 2 et la mairie du Chesnay vient d’être refusé par la CDAC, Commission Départementale d’Aménagement Cinématographique des Yvelines.

Pourquoi ce refus ?

Jean-François Edeline, propriétaire du Cyrano et du Roxane, et ex-gérant du cinéma de Parly 2, a fait ce qui est en son pouvoir pour empêcher le projet. Il veut pouvoir revendre aussi cher que possible ses deux cinémas. Rappelons qu’il a quasiment toujours refusé d’investir pour rénover le Cyrano et le Roxane et, à l’époque, a laissé le cinéma de Parly 2 se dégrader à tel point que la fréquentation avait considérablement baissé.

Les maires des communes voisines, au premier rang desquels François de Mazières, député-maire de Versailles, ont aussi eu leur mot à dire. Or, on sait que Philippe Brillault s’est fâché avec tous ses homologues de Versailles Grand Parc : il a dénigré la communauté d’agglomération pendant dix ans, avant d’être obligé de l’intégrer. Ceux-ci n’ont donc pas fait d’effort de coopération et ont pesé pour que la CDAC rende un avis défavorable, une preuve supplémentaire de la gestion en solitaire de Philippe Brillault dont les Chesnaysiens font les frais.

Aujourd’hui, nous sommes revenus au point de départ. Compte tenu du projet de cinéma de Versailles (qui a lui obtenu l’aval de la CDAC), le complexe de 12 salles est trop grand.
Un cinéma de 7 à 8 salles permettrait un juste équilibre entre les projets chesnaysiens et versaillais. Pour cela, une participation positive au sein de Versailles Grand Parc est indispensable.

Nous espérons qu’Unibail-Rodamco, gestionnaire du Centre commercial de Parly 2 va améliorer son projet pour le faire accepter par la Commission Nationale.
Dans tous les cas, nous savons désormais que Le Chesnay restera sans cinéma, au minimum jusqu’en 2018.

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C’était la dernière séance

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Le cinéma de Parly 2 a fermé ce mardi 24 juin. La plupart d’entre vous ne le savent sans doute pas, tant la discrétion sur ce sujet est de mise. Si cette fermeture n’est malheureusement pas une grande surprise pour les personnes relativement bien renseignées, la précipitation et le silence autour de cette affaire sont inattendus.

Ce cinéma de cinq salles était, lors de son inauguration en 1969, un des plus grands complexes cinématographiques de France. Le problème, c’est qu’en 45 ans, il n’a pas évolué, hormis la rénovation de trois salles en 2004. Il présentait des problèmes d’accessibilité, les deux salles non rénovées étaient particulièrement vétustes (un regard aux murs de la salle 5 en début, ou en fin de séance était révélateur de l’état de délabrement), et surtout la fréquentation était en forte baisse, alors que les loyers montaient en flèche.

Le contrat dont disposait Monsieur Edeline, également propriétaire des deux cinémas de Versailles, courait jusqu’en 2015, il était donc attendu que le cinéma reste ouvert au moins un an de plus. Il semblait néanmoins acté qu’Unibail, société gestionnaire du centre commercial souhaitait se séparer de Jean-François Edeline ; le journal Toutes Les Nouvelles de Versailles y avait d’ailleurs consacré un article à l’automne dernier. Depuis plus de dix ans, la réfection totale du cinéma est régulièrement évoquée, afin de créer un complexe UGC, Pathé ou Gaumont de 8 à 10 salles. L’espace pour un agrandissement existe, certains Chesnaysiens se souviennent de la boite de nuit qui se trouvait à cet endroit et qui constitue aujourd’hui des locaux vacants.

Mais tout cela n’était qu’un projet. Aujourd’hui, nous n’avons plus de cinéma dans notre ville et nous ne savons pas ce que nous aurons à la place. Les loyers de Parly 2 ne cessent de grimper, seules des boutiques toujours plus haut de gamme peuvent encore s’y installer, et la culture est ainsi sacrifiée face aux profits. Ce cinéma de quartier était particulièrement fréquenté par les familles chesnaysiennes, grâce à une large diffusion des films pour les jeunes, et une récente mesure permettant aux moins de 14 ans de bénéficier d’un tarif de 4 €.

Si cette affaire relève, certes, du domaine privé, on peut s’interroger sur l’inaction du maire.
A Versailles, François de Mazières se bat depuis des années pour sauver les cinémas de centre-ville : il a abandonné le projet de multiplexe lors de sa prise de fonction de maire en 2008, et pèse actuellement de tout son poids pour empêcher le quadruplement de la capacité de l’UGC de
Vélizy 2. Philippe Brillault semble lui se contenter du fait que les Chesnaysiens aillent à Versailles, voire à Saint-Quentin-en-Yvelines, et que notre ville devienne une cité dortoir.